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Cancer du col de l'utérus
Première cause de mortalité en France, le cancer fait l'objet dans notre département, depuis de nombreuses années, de multiples campagnes de prévention. Patients et médecins témoignent dans ce dossier de leur combat au quotidien pour vaincre la maladie.
(Dossier réalisé par Muriel RUIZ, Olivier GAILLARD, Stéphane SARPAUX, Irène LANFRANCHI)
Un vaccin pour les adolescentes
Un nouveau vaccin pour la prévention du cancer du col de l'utérus peut être prescrit par les médecins généralistes.

HPV 16 et HPV 18. Derrière ces sigles se cachent deux virus responsables de 80 % des cancers de l'utérus. Et chose rare, un vaccin est disponible* pour les combattre.
"Dans ce type de maladie, la prévention est le meilleur moyen de lutte, explique le Professeur Boubli (notre photo), chef du service de gynécologie obstétrique à l'Hôpital Nord. Depuis que les campagnes de dépistage existent, le nombre de personnes touchées a considérablement baissé, même s'il reste encore trop élevé". En France, 6 millions de frottis sont réalisés chaque année ; cela permet de détecter et de traiter 40 000 cas précurseurs du cancer du col de l'utérus.
Mais en même temps, 3 500 nouveaux cas sont connus trop tardivement, souvent par manque de prévention. Pour la majorité d'entre eux, un simple prélèvement aurait permis de détecter suffisamment tôt la maladie et donc de la soigner. "Nous avons la possibilité, grâce à ce vaccin, de protéger les jeunes filles, assure le Professeur Boubli. Le problème est qu'elles ne voient plus de pédiatres et pas encore de gynécologues.
Et c'est en moyenne à 17 ans qu'elles connaissent leurs premiers rapports sexuels. Or, les virus apparaissent au cours des rapports sexuels. Chez beaucoup de femmes, le corps développe des anticorps immunisants ; chez d'autres, le corps ne réagit pas. C'est là que la maladie s'installe".
Le vaccin permet de bloquer le virus et de développer l'immunité. Afin d'être le plus efficace possible, il est proposé aux jeunes filles de 14 à 23 ans, remboursé à 65 % par la Sécurité sociale. Le plus difficile est de pouvoir informer cette population dont le suivi médical ne se fait plus, et de les inciter à se faire vacciner. "Beaucoup de mères sont en attente de ce vaccin pour leur fille, a remarqué le Professeur Boubli. Elles sont aussi un relais important". Mais surtout, cela n'obère en rien le dépistage habituel qui continue à être une des formes de prévention les plus sûres.
* Un premier vaccin, le Gardasil”š est disponible depuis le mois de septembre. Il est composé de 3 injections pouvant être pratiquées par un gynécologue ou un généraliste. Un deuxième, le Servarix”š sera mis en circulation dans quelques mois.
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