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Haïti : aide humanitaire
"Une leçon d'humanité"
Dix-huit mois après le séisme qui a ravagé Haïti et causé près de 200 000 victimes, une délégation du Cg13, emmenée par Michel Amiel, vice-président et délégué à la Protection de l’Enfance et de la Famille, s’est rendue en juillet dernier en Haïti.
Quel était l’objectif de la mission ?
Michel Amiel : Il s’agissait de réceptionner la remise en état de la crèche de Notre-Dame de la Nativité à Port-au-Prince. Elle avait été complètement détruite et plus d’une cinquantaine d’enfants avait perdu la vie.
Concrètement, comment cela s’est-il déroulé ?
Nous avions choisi la solution de disposer des Algecos, 16 au total, en lieu et place de ce qui a été détruit par le tremblement de terre. L’aide du Conseil général s’est élevée à 172 000 euros sur un coût total de 200 000 euros. Les choses se sont très bien passées et je tiens à saluer le travail remarquable du SDIS, véritable cheville ouvrière du projet, et notamment du colonel Daniel Moine.
A qui la nouvelle structure est-elle destinée ?
Avant le séisme, 120 enfants vivaient dans cet établissement, une structure d’accueil provisoire pour les enfants adoptés à l’international. Actuellement, une quinzaine d’enfants orphelins y sont hébergés. Il faut en effet noter un fort ralentissement de l’adoption sur Haïti. Les autorités ont décidé d’un mouvement de gel des adoptions, notamment en raison d’excès. Il a fallu lutter contre le trafic d’enfants.
Justement, où est-on de l’adoption en Haïti ?
Le nouveau président de la République, Michel Martelly, a signé la convention de La Haye sur la protection des enfants et la coopération en matière d’adoption internationale. Elle n’a pu en revanche pour le moment être ratifiée. La situation de l’adoption sur place reste délicate, sensible même. Pour les Haïtiens, l’adoption doit rester le dernier recours.
Le Conseil général des Bouches-du-Rhône va-t-il poursuivre l’aide à Haïti ?
Le projet global d’aide humanitaire a été bouclé en assemblée départementale. La réponse est donc oui, mais avec un bémol : nous allons nous poser la question avec Marie-Arlette Carlotti, vice-présidente et déléguée aux Actions humanitaires quel type d’aide nous devons apporter. Car si l’on tient compte de l’état de délabrement du pays, qui pour l’instant n’a pas de gouvernance, ni d’économie, avec un état de misère que l’on peut qualifier de difficilement imaginable, il faut viser l’efficacité.
Quelles images vous viennent à l’esprit après ce voyage ?
J’ai peur de tomber dans les lieux communs. Mais je suis stupéfait de constater la capacité exceptionnelle de résilience de ce peuple. Savez-vous que 80% du PIB du produit est constitué par l’aide internationale et la diaspora ? Les Haïtiens sont conscients de l’incapacité à reconstruire le pays dans son ensemble. Mais ils mettent en place des micro-projets, avec l’aide par exemple d’Handicap international.
C’est un vrai message d’espérance et une grande leçon d’humanité.
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