Cancer : la bataille du dépistage

Dépistage cancer du col de l'utérus

Grâce au dépistage organisé du cancer du sein, la mortalité a reculé. Des freins au dépistage du cancer du col de l’utérus persistent.

La majorité des femmes de plus de 50 ans ont intégré l’idée qu’il faut se faire dépister régulièrement.
Même si la maladie est toujours en augmentation (+ 2,4 % en moyenne chaque année) et occupe encore en France la première place en terme de mortalité par cancer chez les femmes, la surveillance régulière et le dépistage précoce ont permis de faire reculer le nombre de décès (-1,3 % par an).
Aujourd’ hui, 80 % des femmes atteintes sont guéries. Dans notre département depuis 20 ans, l’association Arcades fait partie des précurseurs en proposant à toutes les femmes de 50 à 74 ans, une mammographie tous les deux ans.
La prévention du cancer du col de l’utérus obéit quant à elle à d’autres considérations. Avec le développement du dépistage par frottis, son nombre et sa mortalité n’ont cessé de diminuer en France. Mais les chiffres pourraient encore chuter, car dans notre pays, ce sont toujours 40 % des femmes qui ne se font pas dépister régulièrement.
Alors qu’un frottis tous les trois ans, entre 25 et 65 ans, permet par un traitement simple d’éviter la survenue d’un cancer, on déplore encore chaque année 3 000 nouveaux cas et près de 1 000 décès.

Refus de l’examen
Pour lutter contre le refus de l’examen gynécologique, l’association Arcades a alors proposé aux femmes de 35 à 69 ans résidant dans les communes de Vitrolles et de Marignane d’effectuer un auto-prélèvement à domicile pour détecter la présence éventuelle de papillomavirus à risque.

 

Quelques chiffres
84,9 ans c’est l’espérance de vie des femmes françaises, la plus élevée d’Europe et l’une des plus élevées du monde (77,6 ans pour les hommes).
La mortalité maternelle est passée ces trente dernières années de 25 à 9 décès pour 100 000 naissances.

Les maladies de l’appareil circulatoire sont la première cause de mortalité des femmes (pour les hommes, ce sont les tumeurs).

L’anxiété déclarée est deux fois plus fréquente chez les femmes que chez les hommes (14 % des femmes et 7 % des hommes).
(Source : “La santé des femmes en France”, rapport du Conseil économique, social et environnemental 2010)

Sexualité et contraception : les inégalités se creusent

Photo de Claire Ricciardi

Au 21e siècle, certaines choses évoluent peu. Parmi elles, l’âge du premier rapport sexuel qui est toujours de 17 ans et demi pour les filles (17,2 ans pour les garçons) et la méconnaissance de leur corps ou encore les différentes méthodes de contraception.
Ce constat, Lisa Tichané, la directrice du Planning familial des Bouches-du-Rhône, le fait tous les jours. Dans ses permanences ou dans ses consultations médicales, elle voit défiler chaque année des centaines de femmes fragilisées par des conditions sociales difficiles : des jeunes filles, très souvent mineures, confrontées aux tabous familiaux ou religieux, des femmes en situation irrégulière, certaines séropositives, d’autres battues, d’autres encore que la précarité a mis à la porte des cabinets de médecine libérale. Et toujours la même inquiétude : « Nous vivons une période de recul des dr its en matière de santé, qui touche d’abord les plus précaires, donc les femmes », assure Claire Ricciardi (ci-contre), présidente du Planning.

« Aujourd’hui, on se bat pour que les droits acquis par les femmes ne régressent pas », ajoute Lisa Tichané. Les méthodes contraceptives par exemple sont aujourd’hui nombreuses, mais le remboursement par la Sécurité sociale ne suit pas. Ainsi, certaines formules de pilule, notamment celles les plus adaptées aux jeunes filles, ne sont pas remboursées, tout comme le patch et l’anneau qui coûtent entre 150 et 200 euros. « La contraception, c’est réservé aux riches ! », affirme Lisa Tichané. Le manque d’information et d’éducation à la sexualité se retrouve encore au sujet de la contraception d’urgence, qui peut effectivement être délivrée sans ordonnance et gratuitement, en pharmacie ou par les infirmières scolaires, mais qui n’a pas fait reculer le nombre de grossesses non désirées. Au contraire, le recours à l’avortement est en augmentation, notamment chez les mineures. En 2008,
23 000 IVG, dont plus de 10 000 dans les Bouches-du- Rhône, ont été pratiquées en PACA. Un chiffre nettement supérieur à la moyenne nationale.

Planning familial
13 bd d’Athènes, 13001 Marseille.
Tél. 04 91 91 09 39.
N° vert IVG Contraception : 08 00 105 10

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