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La sécurité routière
Encouragé par une baisse très significative des accidents de la route, le Conseil général des Bouches-du-Rhône va poursuivre ses actions de lutte contre l'insécurité routière qui concernent chaque année plus de 60000 personnes.
« Partage ta route » pour une prise de conscience

Dire la vérité crue, pour éveiller les consciences : depuis 2002, l’opération « Partage ta route », organisée par l’association ERRHA (Education routière et respect du handicap) sensibilise les collégiens du département à la sécurité routière. En visite dans une classe de 6e à Châteauneuf les Martigues en avril dernier, Laurent Paez et Olivier Jean, deux membres de l’association, ont patiemment expliqué les risques encourus dans un accident si les règles élémentaires ne sont pas respectées.
Et le témoignage d’Olivier Jean est d’autant plus probant qu’il est devenu, à l’âge de 19 ans, tétraplégique après un accident de la route. « Nous roulions trop vite. J’étais à l’arrière et je n’avais pas attaché ma ceinture. Une des passagères est morte lors de cet accident. »
Un témoignage qui aura impressionné les adolescents, et, sans doute, fait prendre conscience des gestes simples qui peuvent sauver une vie. Un rapide sondage réalisé dans la classe a montré que plus d’un tiers des élèves ne met pas sa ceinture à l’arrière, soit par méconnaissance des risques, soit par négligence des parents.
Sous l’impulsion du Conseil général des Bouches-du-Rhône, 350 classes de 6e et 4e ont déjà bénéficié de l’opération, soit plus de 9 000 collégiens. L’objectif pour l’année à venir consiste à rencontrer 20 000 élèves. Il faut dire que l’urgence est bien réelle : les moins de 25 ans représentent 25% des tués sur la route.
Changer la route
Plus de la moitié des accidents se produit en agglomération (55 %) et 3 tués sur 4 sont la conséquence d'accidents en rase campagne (74 %).
Un constat lourd pour le Conseil général qui se mobilise fortement pour inverser la tendance. La mission de sa Cellule d'Action sur la Sécurité Routière, créée en 1995, est d'effectuer un suivi permanent de l'accidentologie sur un réseau routier départemental long de 2 640 km et de définir les modalités d'aménagement de l'infrastructure.
Sécuriser les carrefours, mettre en place des glissières et des équipements cyclistes... Sur 62 millions d'euros annuels, consentis au cours des trois dernières années à la lutte contre l'insécurité routière, ces travaux représentent 57,4 millions d'euros d'investissement.
Civisme et messages chocs : Responsabiliser conducteurs et piétons
Rendre la route plus sûre, c'est aussi responsabiliser conducteurs et piétons. Le Conseil général conduit la plupart de ses campagnes de sensibilisation dans le cadre du Plan départemental d'action de sécurité routière (PDASR) piloté par le Préfet des Bouches-du-Rhône.
Il s'est engagé dans un programme triennal d'actions pour lesquelles il mobilise plus de 3 millions d'euros pour aller à la rencontre de 37 000 enfants et adolescents des écoles primaires, collèges et lycées. Accueillis sur la piste d'éducation routière de Fontainieu ou sur le stand Sécurité Tour Jeune 13 de la Foire de Marseille, bénéficiant du module éducatif "Partage ta route" (classes de 6e et 4e ) ou du dispositif de l'association Opération Z (qui raccompagne gratuitement chez eux les noctambules aixois), le public jeune est particulièrement visé car c'est celui qui paie le plus lourd tribu à la route.
De salons de la moto (ou de l'auto) en fêtes des associations, de rallyes en communes, la tournée d'animations de la Caravane Mobile Sécurité Routière (voiture tonneaux, testo-choc...) touche, quant à elle, un public de 15 000 personnes.
Une étude pour diminuer le nombre d’accidents chez les jeunes
C’est un fait : les jeunes sont victimes de la route : sur la période 2003-2006, 2802 accidents de la route ont été enregistrés dans le département pour la population des jeunes âgés de 15 à 24 ans. Des chiffres insupportables. Il faut donc tenter d’en comprendre les causes. Pour en diminuer les effets.
Le Conseil général des Bouches-du-Rhône a donc décidé de faire réaliser une étude spécifique par le bureau d’études Egis-Mobilité et par le cabinet de la psychologue Caroline Cyria. « Nous avons travaillé sur les points clés pour parvenir à toucher ces jeunes », note Caroline Cyria. « Qu’avons-nous constaté ? Un rajeunissement de la première ivresse, une puissance de conviction du groupe, la démocratisation de la consommation d’alcool et de stupéfiants. »
Parce que l’adolescence est un passage où l’on se démarque de l’autorité et de la loi (parents, société, police, etc.), le groupe fait alors office de carapace.
« On boit pour se désinhiber, mais on boit vite et beaucoup pour attendre l’ivresse. Ce qu’ils appellent se défoncer no limit… » Avec, bien évidemment le risque de la conduite dans cet état-là et, plus globalement, une vraie question de santé publique.
Quelles solutions, quelles méthodes de dialogue peuvent endiguer ce fait de société ? Caroline Cyria et le bureau d’études Egis ont noté un manque d’offres de transports publics pour rentrer la nuit. L’opération « Sam, c’est celui qui ne boit pas qui conduit » a été approfondie dans de grandes écoles de commerces, avec deux Sam au lieu d’un. Autres pistes évoquées pour une prise de conscience : une campagne choc, notamment sur le thème « Le jeune n’a pas peur de mourir mais il a peur que son copain meure. » Et un message ferme en direction des parents : « On a aussi les jeunes qu’on a éduqué et qu’on mérite. Etre parent, c’est savoir dire non et fixer des limites. »
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